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Le sens commun, ennemi ou allié du dialogue philosophique ? 3/3


Dans sa Critique de la faculté de juger (§ 40), Kant définit le sens commun comme


« un pouvoir de juger qui, dans sa réflexion, tient compte en pensée (a priori) du mode de représentation de toute autre, pour en quelque sorte comparer son jugement à la raison humaine toute entière . »

Celui qui tient compte dans sa réflexion du sens commun est un « homme d'esprit ouvert » capable de « s'élever au-dessus des conditions subjectives du jugement, en lesquelles tant d'autres se cramponnent, et de pouvoir réfléchir sur son propre jugement à partir d'un point de vue universel (qu'il ne peut déterminer qu'en se plaçant au point de vue d'autrui).»


Inviter un enfant ou un adulte à s’interroger sur ce que penserait le sens commun de son idée, incarné pendant l'atelier par son groupe de pairs ne revient pas nécessairement à discréditer son idée ni à considérer que la majorité a toujours raison.


Il s’agit simplement de lui apprendre à se décentrer de lui-même pour développer un regard critique sur ses propres idées, et accepter de faire partie d’une communauté de raisons qui entrent en dialogue et cheminent ensemble dans la réflexion en partageant une boussole commune.


Finalement, le problème qui se pose à l'animateur est de :

« savoir décider de manière légitime quand s’impose la rupture et quand s’impose le respect du sens commun » (O. Brenifier)

C’est selon l’usage qu’on en fait, selon qu’on choisit de le dépasser ou de s’y référer au moment opportun, que le sens commun sera l’allié ou l’ennemi de la réflexion philosophique.

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