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Le sens commun, ennemi ou allié du dialogue philosophique ? 2/3

Pourquoi n’ai-je pas envisagé de convoquer le « sens commun » dans mes ateliers de philosophie plus tôt ? Et pourquoi de façon générale le sens commun n’est-il pas plus largement utilisé comme un outil régulateur du dialogue philosophique ?

Les gens ayant reçu une formation philosophique, dont je fais partie, sont souvent obnubilés par le fait de dépasser le sens commun, le concevant uniquement comme un obstacle que le philosophe se doit de franchir.


Cette vision exclusivement négative s’enracine dans notre désir de produire des idées qui sortent de l'ordinaire, de nous distinguer du commun... Un homme épris de philosophie me disait un jour : « Si on ne connaît pas les philosophes, on risque de penser que nos idées sont originales alors que d’autres les ont eu avant nous ! »


Sans doute cette méfiance vis-à-vis du sens commun a-t-elle été favorisée par la condamnation platonicienne de l’opinion commune. Certes, le sens commun peut prendre la forme des idées reçues, des jugements aveugles, superficiels et dogmatiques, préjudiciables à la réflexion, que la philosophie combat.


Le problème est que nous ne prenons pas en charge le sens positif de ce concept. Car le sens commun peut également jouer le rôle de garde-fou contre les pièges de notre pensée : lorsque nous hypostasions des abstractions, ou que nous prenons pour acquises et universelles des idées qui en réalité ne font sens que pour nous-mêmes.


Ce « sens » nous permet de garder les pieds sur terre en quelque sorte, de philosopher en restant connecté au monde réel et aux autres.

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