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La définitionite, ce tic philosophique

L’autre jour, pendant une formation, je demande à une participante de faire la différence entre “être objectif” et “être subjectif”.


Sa distinction est simple et claire :


“ Etre objectif ça veut dire interpréter une situation en ne tenant compte que de la réalité ”


“ Être subjectif ça veut dire interpréter une situation en fonction de mes filtres ”


Mais elle ajoute : “Oui mais là ça me gêne parce que maintenant il faudrait définir ce qu’on entend par réalité !”


Pensez-vous vraiment qu’on a besoin d’une définition de la réalité pour comprendre votre définition du mot “objectif" ?


Elle hésite….en philosophie ne faut-il pas définir TOUS les termes qu’on utilise ? Il y a comme un parfum d’hérésie à déroger à cette règle !


Au XVIIIe siècle, le philosophe écossais Thomas Reid critique la tendance de certains philosophes à vouloir définir tous les mots qu’ils emploient.


Selon lui, ce réflexe crée des complications qui obscurcissent inutilement notre pensée :


“Ce mot si bien compris par le vulgaire a été obscurci par les philosophes, qui dans ce cas comme dans beaucoup d’autres, ont trouvé de grandes difficultés à une chose, qui pour le reste du genre humain, semble parfaitement claire.”



S’agit-il de ne plus jamais rien définir ? Non ! Mais plutôt que d’en faire un commandement aveugle du dialogue philosophique, on peut se poser cette question toute simple : quand est-ce opportun de le faire ?


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